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Infos pratiques

À la découverte de 5 espèces d’ici à protéger

 

Dans le sud du Québec, on retrouve différents milieux naturels qui font office d’habitats pour plusieurs espèces vivantes. Bon nombre de ces bêtes font face à un enjeu de survie au quotidien. Que ce soit dû aux répercussions de l’activité humaine, ou des suites d’impacts naturels, diverses espèces sont en péril. Voici 5 espèces pour qui la situation est précaire. Des créatures fascinantes que nous nous devons de protéger, une petite action à la fois.

 

Le bruant sauterelle (Ammodramus savannarum pratensis]

 

Caractéristiques de l’espèce

Ce petit oiseau champêtre à l’allure passe-partout a pourtant un attrait bien particulier : son chant rappelle celui de la sauterelle. Avec son plumage aux couleurs sobres et sa tête plate, on ne pourrait pas croire au premier coup d’œil que le bruant sauterelle est aussi unique.

 

Habitat

C’est une espèce que l’on retrouve très localement au Québec de manière saisonnière, pour ses besoins de reproduction. Il devient de plus en plus difficile de le repérer dans la grande région de Montréal, à cause du développement urbain. C’est un oiseau qui recherche généralement un habitat sec et herbacé. On peut penser aux pâturages et aux prairies. Le bruant sauterelle s’alimente de criquets principalement. Il est de nature monogame et routinier. Ce n’est pas chose rare pour cet oiseau de revenir au même endroit à chaque année, pour y pondre ses œufs.

 

Menaces

Les principales menaces du bruant sauterelle proviennent des activités humaines, en ce qui a trait au labourage des champs et à l’agriculture conventionnelle (intensive). Ce type d’agriculture cause une perte d’habitats, des habitats auparavant riches en biodiversité végétale (qui attire les insectes). Un lien direct a également été établi entre le déclin de plusieurs espèces d’oiseaux champêtres, dont le Bruant sauterelle (sous-espèces de l’Ouest et de l’Est) et l’épandage à grande échelle de pesticides granulaires en milieu agricole (Potts, 1986; Mineau, 2005; Mineau et Whiteside, 2006, 2013), car il se nourrit d’insectes.

 

Une façon concrète d’éviter de mettre la vie de ce petit oiseau en danger serait de retarder la période de fauche dans les champs, alors qu’elle coïncide souvent avec la période de reproduction de cette espèce aviaire, un moment durant lequel elle est plus vulnérable aux prédateurs.

 

La salamandre à quatre orteils (Hemidactylium scutatum)

 

 

Caractéristiques de l’espèce

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que cet amphibien n’a ni poumons, ni branchies. Il respire par sa peau qui est perméable à l’air et à l’eau. La salamandre à quatre orteils a un ventre blanc à pois et un dos brun-rouge. Et, comme son nom l’indique, elle est munie de quatre orteils aux pattes arrière.

 

Habitat

On peut la retrouver un peu partout au Québec, dans les marécages et les tourbières, où abondent mousse et troncs d’arbres au sol. Par temps frais, la salamandre à quatre orteils se réfugie dans les trous et les crevasses qu’elle rencontre. Elle se nourrit principalement de vers, d’araignées et d’insectes.

 

Menaces

Les menaces qui guettent la salamandre à quatre orteils sont de nature humaine, alors que l’étalement urbain engendre la destruction des tourbières, un des lieux de prédilection de cette salamandre. L’exploitation forestière vient aussi endommager l’écosystème de ce petit amphibien. Toute perturbation, qu’elle soit grande ou petite, représente un énorme danger pour la salamandre à quatre orteils. Sa manière de respirer particulière la rend vulnérable aux moindres changements dans son habitat. Un moyen concret de minimiser les impacts sur son environnement serait de ne pas assécher le milieu dans lequel elle évolue, car la salamandre à quatre orteils ne tolère pas les milieux secs. Il faut donc faire particulièrement attention à éviter le drainage ou le remblayage des milieux naturels où elle vit.

 

La tortue-molle à épines (Analope spinifera)

 

Source : inaturalist.org

 

Caractéristiques de l’espèce

Cette tortue a une carapace rappelant la texture du cuir. Celle-ci est dotée de petites épines sur le bord avant de la carapace dorsale. Elle est de couleur olive-brun, tachetée de noir et son plastron est blanc crème. La tortue-molle à épines a les pattes palmées, ce qui la rend parfaitement apte à la nage. Il s’agit en fait d’une tortue d’eau douce que l’on retrouve souvent dans les grands plans d’eau. Elle ne retourne généralement sur la terre ferme que pour pondre. Grande nageuse, elle peut parcourir jusqu’à une trentaine de kilomètres pour trouver un endroit confortable en préparation à son hibernation. Il est facile de repérer la tortue-molle à épines, puisqu’elle a une allure distincte, entre autres grâce à son museau en forme de trompette. Elle ne possède également pas d’écailles.

 

Habitat

On la retrouve uniquement en Amérique du Nord, à quelques endroits bien distincts au Québec et en Ontario, notamment dans le lac Champlain et dans la rivière aux Brochets. Ses lieux de prédilections se définissent généralement en fonction d’où l’abondance de nourriture se fait la plus grande. Ayant un régime principalement carnivore, la tortue-molle à épines se nourrit notamment d’écrevisses, de têtards, de poissons, de vers, de mollusques et parfois de végétaux.

 

Menaces

Les principales menaces de la tortue-molle à épines proviennent de facteurs tels que la dégradation de son habitat, que ce soit à cause de l’aménagement des berges, ou bien des effets des changements climatiques, mais les menaces proviennent aussi des activités humaines, alors qu’on peut penser aux activités marines qui envahissent les eaux où vit la tortue-molle. Un moyen concret pour aider à la préservation de cette espèce serait de limiter nos activités dans son habitat ou près de ceux-ci.

 

La petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus)

 

 

Caractéristiques de l’espèce

La petite chauve-souris brune est l’une des huit espèces de chauve-souris que l’on peut retrouver au Québec. Comme toutes nos chauves-souris du Québec, elle est surtout active la nuit. Elle arbore un pelage parfois brun-jaune, parfois brun foncé, et la base de son poil est noire. La fourrure sur son ventre est plus claire que celle sur son dos, et ses oreilles sont plutôt arrondies.

 

Habitat

Malgré la croyance populaire, la petite chauve-souris brune n’est pas aveugle. Puisqu’elle vit surtout la nuit, elle doit s’adapter à son environnement, c’est pourquoi elle utilise la technique de l’écholocalisation pour se situer, repérer ses proies et se nourrir, puis parfois pour communiquer avec ses pairs. On retrouve la petite chauve-souris brune en Amérique du Nord. Au Québec, elle vit dans le sud de la province, généralement dans les endroits sombres comme sous les écorces relevées des arbres, dans les cavités d’arbres et les bâtiments désaffectés et dans les crevasses rocheuses. Elle trouve généralement de quoi se nourrir dans les endroits où elle élit domicile, puisqu’elle va prioriser des sites à proximité de plans d’eau, qui favorisent la présence d’insectes. Son alimentation est composée de divers insectes qu’elle attrape en vol.

 

Menaces

Une infection fongique – le syndrome du museau blanc – a fait décliner drastiquement la population de ce petit mammifère au fil des années. Les principales menaces de la petite chauve-souris brune engendrées par l’activité humaine sont les activités minières, le déforestation et la fragmentation de son habitat, la diminution des insectes en milieu agricole en raison des pesticides agricoles et les contaminations résultant aussi de ces produits. Les chats domestiques sont également une menace. Il existe cependant des alternatives pour améliorer le sort de cette petite bête nocturne. Laisser les arbres morts encore debout s’ils ne présentent pas de danger, favoriser une bande riveraine végétalisée et éviter l’utilisation de pesticides. Afin de fournir un habitat supplémentaire pour les chauves-souris, il est également possible de construire un « dortoir à chauves-souris » où elles pourront se réfugier en été. Le site chauvesouris.ca fournit des plans de confection de ce genre d’abri.

 

La paruline à ailes dorées (Vermivora chrysoptera)

 

Source : inaturalist.org

 

Caractéristiques de l’espèce

Ce petit oiseau insectivore se distingue par la présence d’une petite tache jaune sur ses ailes. Chez le mâle, le contour des yeux est noir, alors que chez la femelle, il est gris.

 

Habitat

On retrouve la paruline à ailes dorées principalement dans le sud du Québec, de l’Ontario et du Manitoba, de façon saisonnière, lors de la période de reproduction. La paruline à ailes dorées privilégie les espaces où l’on ne retrouve que très peu d’arbres, mais beaucoup de bosquets et d’herbacées. Son alimentation est composée de papillons et de leurs larves, d’insectes ailés et d’araignées.

 

Menaces

Les principales menaces de la paruline à ailes dorées proviennent entre autres de la destruction de son habitat, ce qui peut être minimisé grâce à la prudence plus accrue de l’humain. Une autre menace de la paruline à ailes dorées est le fait est qu’elle peut se reproduire avec la paruline à ailes bleues. Cela crée d’autres espèces de parulines dites hybrides, dont l’adaptation au sein des colonies aviaires se fait moins aisément et qui vont tendre à s’accoupler plutôt avec la paruline à ailes bleues, désavantageant ainsi encore la paruline à ailes dorées. Une solution pour minimiser l’impact dommageable sur son habitat serait d’éviter de détruire et de fragmenter son environnement.

 

 

En conclusion, ces cinq espèces ne représentent qu’une partie de toutes celles qui sont en péril au Québec actuellement. En posant des petits gestes concrets au quotidien, il est cependant possible d’améliorer la qualité de vie de ces bêtes avec qui on cohabite, afin de leur assurer une certaine longévité, notamment en demeurant attentif à leurs habitats.

 

Une solution à la perte des habitats, notamment, est la conservation des milieux naturels par les propriétaires privés. Il est possible de contribuer dès maintenant, en commençant par vous informer sur le sujet via conserverauquebec.com.

 

Sources

CONSERVATION DE LA NATURE CANADA, Tortue-molle à épines, CNC: Tortue-molle à épines (natureconservancy.ca)

 

FÉDÉRATION CANADIENNE DE LA FAUNE, Faune et flore du pays – La petite chauve-souris brune, Faune et flore du pays – La petite chauve-souris brune (hww.ca)

 

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Liste des espèces fauniques – Bruant sauterelle, Bruant sauterelle | Gouvernement du Québec (quebec.ca)

 

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Liste des espèces fauniques – Parulines à ailes dorées, Paruline à ailes dorées | Gouvernement du Québec (quebec.ca)

 

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Liste des espèces fauniques – Petite chauve-souris brune, Petite chauve-souris brune | Gouvernement du Québec (quebec.ca)

 

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Liste des espèces fauniques- Salamandre à quatre orteils, Salamandre à quatre orteils | Gouvernement du Québec (quebec.ca)

 

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Liste des espèces fauniques– Tortue-molle à épines, Tortue-molle à épines | Gouvernement du Québec (quebec.ca)