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Connecter les milieux naturels entre eux: un défi complexe et nécessaire

Connecter les milieux naturels entre eux: un défi complexe et nécessaire

Protéger la nature, ce n’est pas seulement conserver des parcs et des boisés. Pour que les animaux et les plantes puissent survivre et prospérer, ils ont besoin de se déplacer librement d’un milieu naturel à l’autre.

 

Dans un Québec où routes, villes et champs occupent de plus en plus de place, assurer ces déplacements devient un réel défi.

 

La connectivité écologique, c’est quoi?

 

Pensez aux routes qui sillonnent nos villes et nos campagnes : elles nous relient les uns aux autres, facilitent nos déplacements quotidiens et rendent accessibles des services essentiels. Pour la faune et la flore, la logique est comparable. Elles ont, elles aussi, besoin de voies de passage sûres et continues pour se nourrir, se reproduire, migrer et maintenir une diversité génétique essentielle à leur résilience. Lorsque ces continuités sont rompues, l’effet de lisière se multiplie, réduisant la qualité de certains habitats, notamment les forêts profondes ou matures, dont plusieurs espèces dépendent pour survivre.

 

C’est précisément ce que désigne la connectivité écologique: la capacité des espèces à circuler librement entre différents habitats, sans être coupées par des infrastructures ou des environnements fragmentés. En 2026, restaurer ces liens écologiques n’a jamais été aussi vital pour la résilience de nos écosystèmes.

 

Source: connectiviteecologique.com

 

Quand la nature se morcelle, c’est un défi pour la biodiversité au Québec

 

Au Québec, nos milieux naturels ressemblent de plus en plus à un grand tapis qu’on aurait découpé en petits morceaux : il y a encore du tissu, mais il devient difficile de marcher dessus sans tomber dans les trous. C’est exactement ce qui se passe dans les basses-terres du Saint‑Laurent, où seulement 15 % du territoire reste vraiment connecté, même si les forêts couvrent près du quart de la région. Et la situation se détériore : entre 2011 et 2021, la capacité de ces milieux à soutenir des populations animales à long terme a chuté de 19 %, signe que les habitats sont de plus en plus morcelés. Les modèles provinciaux montrent aussi que l’urbanisation et les changements climatiques élargissent encore ces « trous » dans le tapis naturel du Québec.

 

Pourquoi la fragmentation est un problème?

 

Source: NAQ

Quand les milieux naturels sont coupés en petits morceaux, les espèces, du plus petit insecte au plus grand mammifère, voient leur survie compromise.

 

Voici ce qui se produit :

 

  • moins de déplacements possibles, donc moins de possibilités de trouver de la nourriture ou des partenaires.

 

  • diminution de la diversité génétique, ce qui rend les espèces plus fragiles face aux maladies.

 

  • plus de mortalité animale, notamment près des routes.

 

  • milieux moins résistants aux changements climatiques, alors que des écosystèmes bien connectés amortissent mieux des phénomènes comme les vagues de chaleur ou les inondations.

 

  • une baisse globale de biodiversité, observée par exemple dans les Laurentides où plusieurs espèces végétales et animales sont aujourd’hui en situation précaire à cause de la fragmentation large et ancienne des habitats.

 

En somme, un boisé isolé n’est pas suffisant pour maintenir la biodiversité. Il doit être relié à un réseau plus large.

 

 

Comment agir pour la connectivité écologique!

 

Bonne nouvelle: améliorer la connectivité écologique n’est pas qu’un projet gouvernemental ou un concept scientifique lointain. C’est quelque chose que l’on peut faire partout, dans nos quartiers, nos municipalités et nos paysages et votre cour.

 

Des actions possibles à différentes échelles:

 

Citoyenne : Planter des arbres indigènes, préserver des zones sauvages, entretenir les berges, laisser un jardin pollinisateur ou encore réduire la fréquence des tontes peut aider la microfaune et la faune aviaire.

 

Municipale : Protéger les zones intactes, intégrer les corridors écologiques dans les plans d’urbanisme et éviter de créer de nouvelles barrières lors des développements sont des leviers essentiels.

 

Infrastructures : Installer des passages fauniques sous les routes, restaurer des lisières boisées ou orienter les aménagements permettent à la faune de circuler.

 

Collective : Des initiatives comme IQCÉ rassemblent citoyens, municipalités et experts pour structurer un réseau écologique à l’échelle du Québec.

 

Rôle de Nature-Action Québec (NAQ)

 

NAQ appuie les municipalités en identifiant les corridors prioritaires, propose des solutions adaptées et sensibilise les partenaires à l’importance de la connectivité écologique.

Contactez-nous pour en savoir plus.

 

Source: NAQ

 

 

Sources:

Journal des Citoyens. (2025, 22 février). La fragmentation des habitats naturels.

Le Devoir. (2024, 26 septembre). Déclin « prononcé » de la connectivité écologique dans les basses-terres du Saint-Laurent.

Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP). (2021, 8 juillet). Modélisation de la connectivité de l’habitat terrestre dans les basses-terres du Saint-Laurent selon différents scénarios de changements climatiques et d’occupation des sols.

Nature Action Québec. (2022, 12 décembre). L’importance de la connectivité et le rôle des corridors écologiques.

Tougas-Tellier, M.-A., Esquilat, L.-G., & Monticone, K. (Dir.). (2025). Colloque sur la connectivité écologique : Ensemble pour un territoire connecté et résilient. Le Naturaliste canadien, 149(1).

Initiative québécoise Corridors écologiques (IQCÉ). (2024). Synthèse du colloque « Ensemble pour un territoire connecté et résilient ».