Animaux domestiques et nature: tout savoir pour une cohabitation harmonieuse
Présents dans nos vies au quotidien, nos animaux de compagnie sont bien plus que de simples bêtes à poils ou à plumes : ce sont des membres de la famille. Qu’ils nous suivent en randonnée ou qu’ils fassent la sieste au soleil dans le jardin, leur présence est essentielle à nos vies… mais peut aussi, sans qu’on s’en doute, avoir un impact sur la faune locale. Heureusement, il est possible de favoriser une cohabitation harmonieuse. Voici quelques pistes pour y arriver.
Les impacts sur les milieux naturels et la faune
Les écosystèmes qui nous entourent sont fragilisés par de nombreuses menaces : urbanisation, agriculture intensive, etc. et les animaux domestiques participent aussi, malgré eux, à fragiliser la faune sauvage.
Prédateurs de nature

Source : AdobeStock
Même bien nourris, les chats suivent leur instinct et s’amusent à attraper des oiseaux, des souris, des lézards, ou même des grenouilles et des insectes. Comme ils sont très nombreux au Québec, ils ont un impact bien réel sur la nature qui les entoure.
En fait, au Canada, les chats sont la première cause de mortalité chez les oiseaux, avec entre 100 et 350 millions de volatiles tués chaque année.
Les chiens sont aussi des prédateurs et leur instinct de chasseur les pousse souvent à courir après des animaux en forêt. Cela engendre un grand stress et une dépense énergétique inutile pour ces animaux. De plus, les chiens, qui ont l’odorat bien affuté, fouillent instinctivement leur environnement et débusquent parfois de petits animaux vivant dans la terre ou sous des troncs au sol.
Ce n’est pas toujours facile à imaginer quand on voit son chat ou son chien dormir paisiblement sur le sofa… mais cette réalité soulève une question importante : comment mieux protéger la faune tout en prenant soin de nos compagnons à quatre pattes?
Abris, nourriture… quand les animaux domestiques s’invitent dans la vie sauvage
Les écosystèmes procurent aux animaux sauvages toutes les ressources dont ils ont besoin : nourriture, site de reproduction, abris, etc. Par leur présence involontaire, les animaux domestiques prennent une part de ces ressources. Par exemple, la prédation des chats entre en compétition avec celle des prédateurs naturels comme les oiseaux de proie.

Source : tortue à oreilles rouges, iNaturalist
Mais cette concurrence peut aussi venir d’autres animaux domestiques relâchés dans la nature. C’est le cas de la tortue à oreilles rouges par exemple. Il s’agit d’une espèce régulièrement achetée en magasin et parfois relâchée volontairement ou non dans la nature. La tortue à oreilles rouges compétitionne contre les espèces de tortues indigènes du Québec pour la nourriture, les sites de ponte et aussi les sites d’exposition au soleil, qui sont essentiels à leur métabolisme.
Ces différents facteurs rendent inévitablement la faune sauvage plus vulnérable aux maladies et aux prédateurs.
Quand les chiens ne sont pas tenus en laisse, ils sortent souvent des sentiers, ce qui peut endommager les jeunes pousses d’arbres et les plantes au sol. Cela nuit à la régénération des forêts et dérange les animaux qui y vivent.
Certains oiseaux, comme le Pluvier kildir, l’Engoulevent bois-pourri ou la Paruline du Canada, font leur nid au sol. Ces espèces sont déjà fragilisées par la perte de leur habitat, et chaque dérangement supplémentaire, comme un chien qui viendrait renifler leur nid, augmente les risques pour leur survie.
Dans les milieux aquatiques, les poissons rouges relâchés dans la nature peuvent aussi causer des déséquilibres. En remuant le fond des étangs, ils rendent l’eau plus trouble, ce qui freine la croissance des plantes et perturbe l’équilibre naturel de l’écosystème.
Le saviez-vous? Au cours des 500 dernières années, les animaux domestiques (principalement les chats et les chiens) ont contribué à des déséquilibres écologiques significatifs ayant mené à l’extinction de nombreuses espèces, dont au moins 63 mammifères, oiseaux et reptiles.
Complices de balade et alliés de la biodiversité
Pour favoriser une cohabitation harmonieuse avec la nature, voici quelques gestes simples à adopter avec votre compagnon au quotidien.
- Garder son chat à l’intérieur, dans un espace clôturé ou sous supervision. Si on le laisse sortir, une collerette colorée peut le rendre plus visible, ce qui réduit les risques de prédation. On peut aussi limiter ses sorties pendant les périodes sensibles pour la faune, comme lors de la nidification des oiseaux au printemps.
- Installer des barrières par exemple autour des mangeoires ou des nids.
- Tenir son chien en laisse dans les milieux naturels pour lui éviter de quitter les sentiers et perturber la flore et la faune.
- Respecter la réglementation en vigueur. Par exemple, si les chiens sont interdits sur un sentier, on n’y va pas!
- Ramasser les déjections, même en forêt!

Source: banque d’images Pixabay
Enfin, il faut savoir que la simple présence d’un animal domestique, son odeur, ses bruits ou sa silhouette, peut stresser certaines espèces sauvages et affecter leur comportement, leur alimentation ou leur reproduction. En gardant un œil attentif sur nos compagnons, on contribue à un meilleur équilibre entre eux et la nature.
Quelques conseils pratiques:
- Stérilisez votre animal. Cela permet d’éviter une prolifération incontrôlée;
- Privilégiez l’adoption en refuge;
- Identifiez votre animal avec une micro-puce ou un médaillon et enregistrez-le auprès de votre municipalité et vétérinaire afin de faciliter les recherches en cas de disparition;
- N’abandonnez pas votre animal. Si vous êtes malheureusement amené à vous séparer de votre compagnon, il est préférable de communiquer avec un centre spécialisé qui le prendra en charge;
- Signalez aux responsables municipaux la présence de chiens ou chats errants.
Gardez l’essentiel à portée de main : téléchargez le bulletin et diffusez-le autour de vous.
- De Frenne, P., Cougnon, M., Janssens, G. P., & Vangansbeke, P. (2022). Nutrient fertilization by dogs in peri‐urban ecosystems. Ecological Solutions and Evidence, 3(1), e12128.
- La Presse. (2024), Le facteur humain | Minou, pitou… et la planète | La Presse
- Massé, A., Mainguy, J., Lemay, Y., Caron, A., & St-Laurent, M. H. (2012). Le chat domestique en milieu naturel au Québec : une espèce exotique envahissante.
- Le Devoir, Les chats domestiques, un fléau pour les oiseaux
- Le Devoir, Les chiens sans laisse causent des dommages aux forêts urbaines
- Le journal de Chambly, Animaux domestiques et faune sauvage : une cohabitation difficile.
- Loss, S. R., Will, T., & Marra, P. P. (2013). The impact of free-ranging domestic cats on wildlife of the United States. Nature communications, 4(1), 1-8.
- Marra, P. P. (2019). The ecological cost of pets: Current Biology, 29(19), R955-R956.
- Ministère des Ressources naturelles et des Forêts, Le chien… une menace pour la faune?
- Radio-Canada, Comment réduire l’empreinte écologique des animaux de compagnie?
- Trouwborst, A., McCormack, P. C., & Martínez Camacho, E. (2020). Domestic cats and their impacts on biodiversity: A blind spot in the application of nature conservation law. People and Nature, 2(1), 235-250.