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Infos pratiques

Des étangs temporaires…un rôle permanent

Des étangs temporaires…un rôle permanent

Photo d’en-tête: NAQ

 

Pourquoi ces milieux printaniers sont cruciaux pour la biodiversité

 

Source: Ken-ichi Ueda

Le printemps est une saison attendue par beaucoup : le retour progressif de la chaleur, la verdure qui reprend le dessus, le temps des sucres, la mélodie des oiseaux qui reviennent de leur migration… Des signes qui marquent une période de transition importante, autant pour nos milieux naturels que pour nos cours arrière.

 

La fonte de la neige marque, chaque année, le début de la période de reproduction de plusieurs espèces animales dans nos milieux naturels. L’eau excédentaire crée des étangs naturels dans les dépressions du sol. Comme ces étangs ne sont alimentés par aucune source d’eau permanente, ils s’assèchent graduellement au cours de l’année. On les appelle des étangs vernaux.

 

Ces étangs jouent un rôle essentiel pour plusieurs amphibiens. Ils offrent un milieu aquatique temporaire pour la ponte des œufs, tout en limitant la présence de prédateurs comme les poissons, qui ont besoin d’eau à l’année pour survivre. Les œufs peuvent ainsi éclore dans un environnement plus sécuritaire, et les têtards se développer jusqu’à atteindre un stade où ils peuvent quitter l’eau et vivre sur la terre ferme.

 

Les étangs vernaux représentent donc des endroits parfaitement adaptés pour les amphibiens qui n’ont pas besoin d’avoir accès à un milieu aquatique à l’année longue. Parmi les espèces qui dépendent de ce type de milieu pour leur reproduction, on compte notamment la fameuse rainette faux-grillon de l’Ouest (Pseudacris triseriata), une petite grenouille menacée dont l’état est critique au Québec.

 

On retrouve cette rainette seulement dans le sud du Québec, là où la pression liée à l’urbanisation est forte. Ces milieux fragiles se font de plus en plus rares à l’intérieur de la distribution géographique de la rainette faux-grillon de l’Ouest, ce qui explique en grande partie son déclin important.

 

Suivre le niveau de l’eau pour sauver la rainette

 

Source: NAQ, piézomètre

Pour freiner le déclin de la rainette faux‑grillon de l’Ouest, Nature‑Action Québec a lancé le projet Hydropériodicité, qui vise à restaurer des étangs vernaux favorables à sa reproduction. Des piézomètres, installés depuis 2024 dans des sites actuels ou historiques de reproduction, permettent de suivre le niveau de l’eau tout au long de l’année.

 

 

 

 

Les données de variation du niveau de l’eau fournies par les piézomètres sont d’une valeur inestimable pour mieux comprendre comment nous pouvons rétablir l’habitat de la rainette faux-grillon de l’Ouest. Ainsi, les équipes de NAQ ont procédé à des travaux de restauration d’étangs vernaux où la rainette ne se trouve plus, dans le but de rétablir les caractéristiques favorables à l’espèce. Avec un peu de chance, nous pourrons observer son retour dans un avenir rapproché!

 

Source: NAQ, étang aménagé

 

Des espèces liées par leurs habitats: le goglu des prés

 

Le printemps, c’est aussi le retour du goglu des prés! Celui-ci revient d’Amérique du Sud pour se reproduire dans nos prairies québécoises. On l’entend souvent avant de le voir, grâce à son chant métallique unique, lancé en plein vol.

 

Source: iNaturalist

Cet oiseau nicheur au sol est aujourd’hui menacé au Canada et vulnérable au Québec, principalement en raison de la dégradation des prairies et des pratiques de fauche. Plusieurs agriculteurs adoptent déjà des mesures pour le protéger, comme retarder la fauche, adapter les patrons de coupe ou réduire la vitesse de la machinerie, afin de préserver les nids. Bien que ces ajustements exigent une adaptation des pratiques agricoles, de nombreux producteurs cherchent à concilier production agricole et protection de la faune.

 

Le goglu des prés se nourrit principalement d’insectes (lépidoptères et orthoptères) et de graines de plantes. Il rend donc services aux agriculteurs en mangeant certains insectes nuisibles aux cultures et des graines des mauvaises herbes. Une collaboration bénéfique peut ainsi s’établir entre les producteurs agricoles et cet oiseau.

 

Cet article a été rédigé dans le cadre du projet Accélérer la conservation dans le sud du Québec (ACSQ) pour lequel Conservation de la nature Canada a reçu une aide financière du gouvernement du Québec et dans le cadre du Fonds canadien pour le nature octroyé par Environnement et Changement climatique Canada.

 

Sources