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Le succès de Nature-Action Québec repose sur la force de notre équipe. Plus de 100 professionnels dévoués à la protection de l’environnement qui ont choisi d’œuvrer au sein d’un organisme à but non lucratif, dont ils partagent les valeurs et l’engagement. Chaque année, près de 350 projets environnementaux y sont réalisés.

 

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Comprendre la résilience des milieux naturels pour mieux les protéger

Chez Nature-Action Québec, nos équipes travaillent pour le bien de la nature et de la planète, ce qui passe notamment par la conservation et la restauration des milieux naturels. Maëlle Tripon, chargée de projet adjointe chez NAQ, nous explique les facteurs à considérer pour mieux évaluer la résilience des milieux naturels en contexte de changements climatiques et, ainsi, faire les meilleurs choix pour leur protection.

 

Prendre les meilleures décisions pour l’environnement

Les ressources financières sont souvent limitées quand on parle de conservation. Le choix des milieux naturels à protéger ou des actions à mener est parfois difficile : des dilemmes tels que « pourquoi conserver ce boisé-là plutôt que celui-ci? » ou « comment répartir une enveloppe financière? » se posent alors.

 

Dans un contexte de changements climatiques, au-delà de la valeur intrinsèque du milieu (rareté, qualité, etc.), il est intéressant de se questionner sur la pérennité du milieu naturel considéré, c’est-à-dire sa capacité à demeurer dans le temps, malgré les nouvelles conditions climatiques. On s’attache alors à sa résilience.

 

Mais qu’est-ce que la résilience en écologie ?

La résilience a un long historique d’évolution et de querelles scientifiques quant à sa définition. Pour résumer rapidement, on peut distinguer deux approches bien distinctes :

 

La résilience dite « endémique »

Par définition, « endémique » signifie « [se dit des] espèces vivantes propres à un territoire bien délimité » (Larousse). Imaginez prendre une photographie des milieux naturels, tels qu’ils sont actuellement, et vouloir les conserver tels quels, dans le même état : avec les mêmes espèces, peuplements, etc., au même endroit. C’est la résilience qui pourrait être qualifiée « d’endémique ».

 

La résilience fonctionnelle

Cette résilience est plus dynamique : on ne cherche plus à conserver les milieux naturels tels qu’ils sont actuellement mais on veut maintenir leur bon fonctionnement. C’est-à-dire que les espèces qui composent le milieu peuvent évoluer, mais ce dernier demeurera fonctionnel et capable de s’adapter.

 

C’est cette deuxième approche de la résilience qui nous intéresse car, dans un contexte de changements climatiques, on veut conserver les fonctions des écosystèmes et s’assurer qu’ils soient capables de résister ou s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.

 

En résumé :

 

 

Que doit-on observer pour évaluer la capacité de résilience d’un milieu naturel?

Pour avoir une idée de la capacité de résilience d’un milieu boisé, il faut sortir des indicateurs habituels qui les permettent de le caractériser : nombre d’espèces, types de peuplement, présences d’espèces rares, etc.

 

On s’intéresse plutôt à :

 

 

 

 

  1. Taille du milieu

Le premier élément à observer est la taille du milieu. On estime à 10 hectares la taille minimale d’une forêt pour que le milieu soit capable de se régénérer après des perturbations naturelles. Toutefois, un boisé de taille plus petite pourrait jouer un rôle important dans la connectivité du paysage (voir le point 2).

 

  1. Connectivité

La connectivité représente la capacité de différentes espèces à se déplacer d’un milieu à un autre, ce qui leur permet de maintenir des populations viables. Pour simplifier, on la mesure souvent en regardant le couvert forestier et les corridors qui les relient les uns aux autres. Aujourd’hui encore, il est difficile pour les experts de s’entendre sur une largeur de corridor qui permettrait de conserver un paysage en santé.

 

  1. Diversité fonctionnelle

Il est possible de regrouper les espèces selon leurs caractéristiques morphologiques, physiologiques, biochimiques, etc. Celles possédant des caractéristiques similaires seront regroupées dans un même groupe fonctionnel. Par exemple, pour les arbres, il s’agira d’espèces possédant des racines profondes, un mode similaire de dispersion de graines, une tolérance au gel, etc.

 

Considérer les groupes fonctionnels, au-delà des espèces, est intéressant, car cela nous renseigne sur la capacité d’adaptation d’un milieu. Ainsi, si une perturbation survenait (ex. une inondation, voir schéma ci-dessous) et que le milieu est composé d’un seul groupe fonctionnel (Milieu 2), qui serait vulnérable à cette perturbation, il aurait plus de chances d’être fortement fragilisé, contrairement à un milieu possédant plusieurs groupes fonctionnels (Milieu 1), plus ou moins vulnérables à une perturbation.

 

 

 

 

En conclusion

Au-delà de la qualité actuelle du milieu, il peut être intéressant de considérer sa capacité de résilience quand il s’agit de prendre une décision sur la conservation d’un milieu naturel ou des actions à mener (nécessité de le reconnecter, par exemple). Cela montre aussi qu’il est toujours pertinent de prendre en compte non seulement les caractéristiques intrinsèques du milieu, mais aussi la place et l’importance qu’il occupe dans le paysage.

 

Cet article est signé par Maëlle Tripon, chargée de projets adjointe chez Nature-Action Québec.