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À quoi ressemble la nature en Montérégie?

À quoi ressemble la nature en Montérégie?

En Montérégie, seuls 20 % des habitants vivent à proximité d’un milieu naturel non urbain (≤ 10 km par la route)— une forêt, un marais ou un autre espace préservé où la nature garde son caractère sauvage. Contrairement aux parcs urbains, ces milieux ne sont pas aménagés avec des sentiers pavés ou des aires de jeux : ils offrent un refuge à la biodiversité et un espace de ressourcement pour nous. Ces trésors naturels sont vastes, mais fragiles. Si nous voulons continuer à profiter de leurs bienfaits, il est essentiel de mieux les connaître pour mieux les protéger. Dans cet article, découvrez leur richesse, leurs rôles vitaux et les défis auxquels ils font face.

Les milieux humides

Le sud du Québec et la Montérégie possèdent un paysage formé de roches anciennes, avec des collines issues de magma solidifié et exposé par les glaciers. Cette diversité de sols favorise la création de creux où l’eau s’accumule, donnant naissance à des milieux humides.

Attention à ne pas confondre milieux humides et milieux hydriques! Les milieux hydriques regroupent les lacs, les rivières, les rives et occupent une superficie de presque 21 millions d’hectares au Québec. On les apprécie notamment pour leurs attraits récréatifs: kayak, planche à pagaie ou encore baignade.

Les milieux humides, comme les marais, marécages, tourbières et étangs, se forment là où l’eau demeure présente sur de longues périodes. Ils couvrent environ 11 % du territoire québécois et remplissent des fonctions essentielles : ralentir l’écoulement de l’eau, protéger les berges contre l’érosion, agir comme barrières lors des inondations printanières et même prévenir la sécheresse en emmagasinant puis en relâchant l’eau selon les besoins.

Ils jouent aussi un rôle écologique majeur : véritables filtres naturels, les milieux humides purifient l’eau et constituent des puits de carbone puissants. Leur végétation et leurs sols gorgés d’eau, surtout dans les tourbières, captent le CO₂ atmosphérique et le stockent pendant des millénaires, contribuant ainsi à l’atténuation des changements climatiques. Préserver ces milieux est crucial, car leur perturbation libère ce carbone accumulé, accentuant le réchauffement climatique.

Source: Nature-Action Québec

 
Les forêts

En Montérégie, il existe différents types de forêts. Certaines sont surtout composées d’érables et de caryers, qu’on trouve là où le sol est riche et bien drainé. D’autres sont formées de chênes qui poussent sur des terrains plus secs ou caillouteux. On retrouve aussi des forêts mélangées, avec des bouleaux jaunes, des sapins baumiers et des pruches du Canada, surtout dans les endroits qui se situent entre les plaines et les collines de la région. Même si ces milieux forestiers sont souvent fragmentés par l’agriculture ou le développement urbain, ils forment une mosaïque essentielle qui abrite une multitude de plantes et d’animaux. De plus, les boisés situés près des rivières ou en bordure des terres agricoles jouent un rôle clé pour relier les différents milieux naturels et protéger la biodiversité locale c’est que l’on appelle la connectivité écologique.

Source: Nature-Action Québec

Les milieux agricoles

En Montérégie, l’agriculture occupe une place de choix, avec pas moins de 616 fermes réparties sur le territoire. La région se distingue également par son dynamisme agrotouristique, comptant 240 entreprises qui invitent à la découverte des saveurs locales, ainsi que 26 marchés publics qui favorisent l’accès aux produits frais. Première au Québec pour le nombre de producteurs de fruits et légumes, de céréales et oléagineux (comme le maïs, le soya, le blé, l’orge, l’avoine ou le canola), d’œufs et de volailles, et même de chevaux d’élevage, la Montérégie s’impose comme un moteur de la production agricole provinciale. Cette vitalité agricole contribue à la richesse et à la diversité des milieux naturels de la région, tout en alimentant les initiatives locales

Source: Nature-Action Québec

 
Les littoraux

Saviez-vous que… le littoral est la partie occupée par le lit d’un lac ou d’un cours d’eau. Comme il est représenté dans le schéma qui suit.

Source: Gouvernement du Québec

Plusieurs cours d’eau important traversent la Montérégie : le fleuve Saint-Laurent ainsi que les rivières Richelieu, Yamaska, Châteauguay et des Outaouais. Ceux-ci alimentent les quelques lacs de la région comme le lac Saint-Pierre, Champlain ou encore Selby.

Tout autant de littoraux qui abritent une faune et une flore fragiles, sensibles aux perturbations et au réchauffement climatique.

Par exemple, le lac Saint-Pierre est un milieu hydrique tellement important qu’il a été identifié comme Réserve mondiale de la biosphère par l’Unesco. Le littoral du lac Saint-Pierre abrite 67 espèces vulnérables, aussi bien fauniques, que floristiques. Parmi les plus fréquentes, nous pouvons citer la Guifette noire, le chevalier de rivière ou encore l’ail des bois

Montérégie : la biodiversité menacée

Le sud du Québec abrite une biodiversité variée importante que l’on doit notamment à son climat plus clément. Mais celle-ci est menacée par l’activité humaine. La Montérégie, par exemple, est la région de la province la plus habitée après Montréal. Ainsi, les pressions exercées sur les milieux naturels et les espèces qui s’y trouvent sont plus importantes.

Parmi les espèces à statut précaires, nous pouvons nommer :

  • La couleuvre à collier du Nord
  • L’hirondelle de rivage
  • Le martinet ramoneur
  • La paruline azurée
  • La rainette faux-grillon de l’Ouest
  • Le ginseng à cinq folioles
  • L’ail des bois
  • Le noyer cendré, etc.

Source: Joan Vallerand, Nature-Action Québec

La richesse écologique de la Montérégie et du sud du Québec est un véritable trésor collectif, dont la préservation dépend en grande partie de l’engagement des propriétaires de terrains, mais aussi de la mobilisation de toute la population. Que vous possédiez un boisé, un marais, une bande riveraine ou des terres agricoles, chaque geste compte : adopter des pratiques respectueuses de la nature, protéger les habitats fragiles, favoriser la biodiversité et sensibiliser votre entourage sont des moyens concrets d’assurer un avenir sain à nos milieux naturels.

Sources:

Monteregie.upa.qc.ca, Portrait agroalimentaire de la Montérégie

Environnement.gouv.qc.ca, Le lac Saint-Pierre

Environnement.gouv.qc.ca, Portrait régional de l’eau

Quebec.ca, Délimitation des rives et du littoral

Statistiques.quebec.ca, Proximité d’un milieu naturel

UNESCO.org, Lac Saint-Pierre

belsp.uqtr.ca, Suivi des oiseaux en péril (et autres espèces d’intérêt) au lac Saint-Pierre

comiteziplsp.org, Biodiversité au Lac St-Pierre