Protéger le mont Saint-Bruno, agir concrètement avec Nature-Action Québec
Chaque année, Nature-Action Québec (NAQ) participe à protéger la forêt du mont Saint-Bruno. Grâce à ses actions, les animaux et les plantes sont préservés, et les gens qui vivent près de la forêt en profitent aussi. Dans cet article, découvrez comment NAQ agit concrètement pour la nature du mont Saint-Bruno et pour les habitants du secteur.
Limaces exotiques : menaces discrètes pour le sous-bois

Source: Loche roussâtre, INaturalist, photo libre de droit
Avez-vous remarqué que certains secteurs du sous-bois du mont Saint-Bruno semblent étrangement dégarnis? Peu de végétation au sol ou d’abris pour la faune… un sol nu qui contraste avec ce que l’on attend d’une forêt en bonne santé.
Ce phénomène s’explique principalement par la surabondance de cerfs de Virginie, bien connus pour leur broutage intensif. Cependant, un autre animal contribue à cette dégradation : la Loche roussâtre, une espèce de limace exotique originaire d’Europe, aujourd’hui bien installée dans nos forêts. Vous l’avez d’ailleurs peut-être observé dans vos jardins ou vos plates-bandes. En effet, elle utilise une grande variété d’habitats et se nourrit de nombreuses espèces de plantes.
À l’été 2025, NAQ a soutenu une étude menée par l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en partenariat avec la Fondation du mont Saint-Bruno (FMSB) afin de mieux comprendre l’impact des limaces exotiques sur nos forêts. Des pièges ont été déployés à différents endroits pour mesurer leur abondance et leur répartition.

Source: iNaturalist, limace léopard
Les résultats sont sans équivoque : ces limaces venues d’ailleurs sont nombreuses et très actives. Les limaces originaires du Québec, quant à elles, sont rares. Fait marquant : l’équipe de l’UQAM et la FMSB ont identifié une nouvelle venue dans le secteur — la limace léopard, une espèce exotique impressionnante pouvant atteindre jusqu’à 20 cm de long.
Inventaires de biodiversité : mieux connaître pour mieux protéger
NAQ réalise aussi des inventaires pour identifier les espèces animales et végétales présentes au mont Saint-Bruno.
En 2022, l’équipe a écouté et observé les oiseaux, couleuvres, grenouilles, salamandres et champignons du coin.
Parmi les vedettes locales :
- La paruline à gorge orangée, une diva du chant
- La salamandre cendrée, discrète, mais élégante
- La couleuvre à ventre rouge, inoffensive et charmante
- L’hygrophore jaunissant, un champignon qui change de couleur
- Source: paruline à gorge orangée, Olivier Morisset
- Source: salamandre cendrée, NAQ
- Source: couleuvre à ventre rouge, Patrice Lavigne
- Source: hygrophore jaunissant, iNaturalist
Pourquoi est-il important de réaliser des inventaires?
Connaître les espèces permet de mieux les protéger. Et une forêt riche en biodiversité, c’est un milieu plus stable, plus agréable à visiter, et qui offre une multitude de services écologiques gratuits (purification de l’air, régulation du climat, etc.). Si vous faites des observations de la faune et de la flore lors de vos promenades, inscrivez-les sur la plateforme iNaturalist.
Même les plus beaux milieux naturels ont parfois besoin d’un entretien. L’équipe de NAQ assure la propreté des sentiers du mont Saint-Bruno en ramassant les déchets et en veillant au respect des zones protégées. En privilégiant le respect des sentiers et la préservation des habitats fragiles, on contribue à garder la forêt saine et accueillante pour tous. Moins de déchets, c’est un environnement plus sûr et agréable, aujourd’hui et pour les générations à venir.
Ensemble, chaque geste compte. Que ce soit en surveillant les espèces, en nettoyant les sentiers ou en respectant les zones sensibles, les actions de NAQ — et celles de la communauté — contribuent à faire du mont Saint-Bruno un lieu vivant, inspirant et durable. Protéger la nature, c’est aussi prendre soin de notre qualité de vie, aujourd’hui et pour demain.
Vous habitez près du mont Saint-Bruno? Découvrez ce qu’il faut savoir!

Marie-Kim Piché, chargée de projets adjointe chez Nature-Action Québec
La rédaction de cet article a été réalisé dans le cadre du projet Accélérer la conservation dans le sud du Québec (ACSQ) pour lequel Conservation de la nature Canada a reçu une aide financière du gouvernement du Québec.






