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Infos pratiques

Milieu humide conservation au Québec

Les rôles essentiels des milieux humides

 

Au Québec, les milieux humides tels que les tourbières, les marais, les marécages et les étangs couvrent environ 12,5 % du territoire , dont 7,8 % du sud du Québec et 9,5 % des Basses-terres du Saint-Laurent (Source : Pellerin et Poulin, 2013). Ces écosystèmes, aux caractéristiques particulières, se caractérisent par des zones inondées de façon temporaire ou permanente. Ils possèdent de nombreux rôles essentiels pour l’équilibre des écosystèmes et de la biodiversité. Depuis l’adoption de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques en 2017 et jusqu’au 30 juin 2022, selon le ministère québécois de l’Environnement, ce sont 14 909 159 m2 de milieux humides qui ont été détruits à travers toutes les régions du Québec

 

Malgré tous leurs bénéfices, ces milieux naturels disparaissent 3 fois plus vite que les forêts, principalement à cause de l’agriculture industrielle et du remblayage résultant du développement urbain. Une question se pose, pourrions-nous nous permettre de vivre sans ces écosystèmes?

 

 

Les tourbières

 

Les tourbières sont des milieux naturels ouverts, où l’accumulation de la couche au sol de matière organique au sol mesure au moins 30 cm d’épaisseur, mais peut atteindre plusieurs mètres. Elles ont commencé à se former il y a plus de 10 000 ans et elles se distinguent en deux catégories, soit les tourbières ombrotrophes et les tourbières minérotrophes. Les principaux éléments qui les différencient sont leur source d’alimentation en eau, leur PH et leur végétation. Revêtues d’un épais tapis de sphaignes (mousse des tourbières), les sols et les eaux des tourbières ombrotrophes sont beaucoup plus acides, ce qui amène certaines espèces végétales à ne pas survivre dans ces milieux. Les tourbières minérotrophes abritent quant à elles aussi des sphaignes et des mousses, ainsi que des arbustes et, des roseaux qui dominent le paysage à perte de vue !

 

Tourbière milieu humide conservation au Québec

Tourbière ombrotrophe

 

 

Tourbière minérotrophe

 

 

Les tourbières offrent des habitats de choix à de nombreuses espèces d’oiseaux, de papillons, d’insectes, d’amphibiens (ex. grenouille verte et grenouille des bois), de mammifères et de reptiles (ex. couleuvre verte). Un autre bienfait des tourbières est qu’elles jouent un rôle majeur dans la prévention d’inondations et de sécheresses grâce à leur végétation et la capacité de leurs sols à absorber et retenir l’eau .
Reconnues pour la séquestration de carbone, ce sont surtout les tourbières ombrotrophes qui contribuent grandement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ainsi, elles participent à la lutte contre les changements climatiques.

 

 

Les marais

 

Alimentés par des lacs ou des rivières, les marais se forment principalement dans les zones inondables où le niveau des eaux peut grandement varier au cours de l’année. Ainsi, les sols sont majoritairement gorgés et recouverts d’eau. En fait, le milieu ne doit pas avoir plus de 25 % d’arbres et d’arbustes pour être considéré un marais. Les plantes aquatiques, les herbacées et les graminées qui émergent des marais constituent la majorité de leur végétation.

 

Marais milieu humide conservation au Québec

 

 

Ces écosystèmes permettent d’offrir des milieux de grande qualité à la faune. Au printemps, bon nombre d’oiseaux migrateurs se posent sur les eaux afin de s’alimenter et se reproduire. Bien d’autres espèces animales côtoient les marais : les tortues, les loutres et les castors par exemple.

 

Un autre bienfait de ces milieux naturels est qu’ils contribuent à régulariser les niveaux d’eau grâce à leur capacité d’absorption, ce qui a pour impact de réduire les risques d’inondations. De même, ceux-ci filtrent les eaux de surface et évitent que des contaminants ne se rendent aux cours d’eau comme les lacs et les rivières.

 

Tout comme les tourbières, les marais agissent aussi comme des réservoirs naturels pour capter le carbone, ainsi ils contribuent à réduire la présence de gaz à effet de serre dans l’air.

 

 

Les marécages

 

On différencie le marécage par sa grande quantité d’arbres, d’arbustes et par son sol saturé en eau qui s’échappe lentement de la surface. Deux types de marécages existent, tels que ceux en zone inondable et ceux en zone non inondable.

 

Marécage milieu humide conservation au Québec

 

 

Les marécages en zone inondable sont directement alimentés par les inondations saisonnières et les cours d’eau à proximités. Ils sont essentiels pour l’absorption de la pluie afin d’aider à diminuer les risques d’inondations. Du côté des marécages en zone non inondable, ceux-ci sont surtout alimentés par les eaux souterraines , le ruissellement et les précipitations.

 

Ces milieux naturels offrent des habitats pour les poissons et pour plusieurs petits mammifères tels que les castors et les rats musqués.

 

 

Les étangs

 

Ces milieux naturels se distinguent principalement par la présence de moins de 25 % de végétation herbacée. Deux types d’étangs existent : permanent et temporaire (vernaux). Leur principale différence consiste en leur profondeur. La profondeur maximale des étangs permanents est d’un maximum de deux mètres. Ceux-ci sont alimentés en continu par les eaux souterraines ou les cours d’eau, tandis que les étangs temporaires n’excèdent pas la profondeur d’un mètre et sont liés davantage à la fonte des neiges.

 

Étang milieu humide conservation au Québec

 

 

Tout au long de l’année, les étangs permanents abritent des plantes aquatiques et des poissons, tandis que les étangs temporaires servent davantage d’habitat pour certaines espèces comme les salamandres et certaines grenouilles , qui vivent aussi en dehors de l’eau. On peut notamment penser à la rainette faux-grillon de l’Ouest, une petite grenouille dont les derniers habitats se trouvent dans les régions de la Montérégie et de l’Outaouais. Elle est une espèce considérée comme menacée au Québec.

 

Les deux types d’étangs offrent d’importantes sources d’eau, où peuvent s’abreuver de nombreuses espèces animales.

 

 

Si un milieu humide se trouve sur votre propriété, vous pourriez agir afin de le protéger à perpétuité! Visitez conserverauquebec.com afin d’en savoir plus sur la conservation via les propriétaires privés.

 

 

Sources

 

NATURE QUÉBEC, Protéger les milieux humides pour le climat, https://naturequebec.org/proteger-milieux-humides-pour-climat/
RAPPEL, Milieux humides, https://rappel.qc.ca/fiches-informatives/milieux-humides/

 

NATURE CONSERVANCY CANADA, Milieux humides 101, https://www.natureconservancy.ca/fr/nos-actions/ressources/conservation-101/milieux-humides-101.html#:~:text=Les%20milieux%20humides%20jouent%20plusieurs,s%C3%A9diments%20et%20les%20substances%20toxiques

 

FÉDÉRATION CANADIENNE DE LA FAUNE, Les terres humides, https://www.hww.ca/fr/espaces-sauvages/les-terres-humides.html